Arrivée devant la porte du second étage, Mme de Fondège chercha dans sa poche son passe-partout; ne le trouvant pas; elle sonna.

Un grand diable de domestique, à l’air remarquablement impudent, vêtu d’une livrée étincelante, vint ouvrir, armé d’un vieux et sale flambeau de fer battu, où agonisait et empestait un bout de chandelle.

—Comment! s’écria Mme de Fondège, l’antichambre n’est pas encore éclairée!... C’est se moquer!... Qu’avez-vous donc fait en mon absence? Allons, dépêchons... Allumez la lanterne!... Dites à la cuisinière que j’ai quelqu’un à dîner! Appelez ma femme de chambre. Qu’on prépare la chambre de M. Gustave... Descendez voir si le «général» n’a pas besoin de vous pour aider à monter les bagages de ces dames...

Embarrassé de choisir entre tant d’ordres contradictoires, le domestique ne choisit pas.

Il posa son chandelier infect sur une des consoles de l’antichambre, et gravement, sans mot dire, gagna le couloir conduisant à la cuisine.

—Évariste!... criait Mme de Fondège, cramoisie de colère, Évariste, insolent!...

Et comme il ne daignait pas répondre, elle s’élança à sa poursuite... Et bientôt des profondeurs de l’appartement, une altercation de la dernière violence s’éleva, le domestique se répandant en injures, la maîtresse exaspérée ne sachant que crier: «Je vous chasse, vous êtes un insolent, je vous chasse.»

Debout dans l’antichambre, près de Mlle Marguerite, la digne Mme Léon semblait aux anges.

—Drôle de maison!... fit-elle. Voilà qui commence bien...

Mais l’estimable femme de charge était la dernière personne du monde à qui Mlle Marguerite eût laissé voir sa pensée: