—Cette personne ne pourrait pas plus renier son écriture que si on lui présentait sa lettre même...

—Et l’opération ne laissera aucune trace?...

—Aucune.

Un sourire de triomphe passa sur les lèvres de Mlle Marguerite.

C’était bien là ce qu’elle avait pensé. Sur ces conditions reposait le plan de défense qu’elle avait soudainement conçu...

Et pourtant un doute encore faisait ombre à ses espérances... Elle était bien décidée à le lever, mais au moment d’interroger, toutes sortes de scrupules inquiétants la retenaient... C’était le secret de ses projets qu’elle allait livrer...

La nécessité lui fit surmonter les hésitations et d’une voix un peu altérée:

—Encore une question, monsieur, reprit-elle... Je suis une pauvre ignorante, excusez-moi et instruisez-moi... Cette lettre que je tiens sera rendue demain à son auteur, et il la brûlera... Si, plus tard, un... procès survenait et qu’il me fallût prouver certaines choses qu’on nierait et qu’établit cette lettre, les juges admettraient-ils comme preuve une de vos photographies?

L’artiste fut un moment à répondre.

Maintenant, il s’expliquait la démarche de Mlle Marguerite et l’importance qu’elle attachait à un fac-simile... mais cela donnait une gravité imprévue au service qu’il allait rendre et jusqu’à un certain point, estimait-il, engageait, non précisément sa responsabilité, mais sa conscience.