«Cette impudence ne viendrait-elle pas de la certitude où ils sont qu’il n’existe aucune preuve du crime et qu’on ne peut les attaquer?...
«Cependant, ils m’ont encore parlé de leur fils, le lieutenant Gustave de Fondège, on me le présentera demain...
«Demain, aussi, entre trois et quatre heures, je me rendrai chez l’homme qui peut me découvrir la retraite de Pascal, chez M. Isidore Fortunat... J’espère pouvoir m’esquiver assez facilement, parce qu’à ce moment-là Mme Léon sera chez le marquis de Valorsay.—M...»
IX
La vieille histoire du talon d’Achille sera éternellement vraie.
Humble ou puissant, fort ou faible, il n’est personne qui n’ait un défaut à sa cuirasse, un endroit vulnérable par excellence, une certaine place secrète où les blessures sont plus terribles et plus cuisantes.
L’endroit faible de M. Isidore Fortunat, c’était sa caisse.
Le frapper là, c’était l’atteindre aux sources mêmes de la vie. C’était le toucher au point où s’était retiré tout ce qu’il avait de sensibilité.
C’est dans cette bienheureuse caisse, et non dans sa poitrine, que palpitait véritablement son cœur... Par elle, il jouissait ou souffrait, heureux quand elle se gonflait à la suite de quelque brillante opération bien conduite, désespéré s’il la voyait se vider après quelque mauvaise affaire imprudemment engagée.
Cela explique ses tortures, ce dimanche maudit où, congédié brutalement par le spirituel M. Wilkie, il regagnait son logis en compagnie de son employé Victor Chupin.