—Faites entrer!...s’écria M. Fortunat en se levant vivement. Qu’elle entre!...
Pour s’échapper de chez M. de Fondège et accourir au rendez-vous qu’elle avait donné à M. Fortunat, Mlle Marguerite n’avait pas eu besoin de mentir, ni même de chercher des prétextes.
Dès le matin, «le général» avait décampé pour essayer ses chevaux et ses voitures, et il avait annoncé qu’il déjeunerait à son cercle.
A l’issue du déjeuner, Mme de Fondège, que ses couturières et son tapissier réclamaient, s’était pareillement envolée, en prévenant qu’elle ne serait pas de retour avant l’heure du dîner.
Enfin, sur les midi, Mme Léon s’était tout à coup rappelé que sa noble famille la réclamait impérieusement... Elle s’était habillée en hâte, et était sortie, pour se rendre évidemment chez le docteur Jodon, et, de là, chez M. le marquis de Valorsay...
Les domestiques, à leur tour, se sentant débarrassés pour quelques heures de toute surveillance, avaient tiré chacun de son côté, laissant la maison seule, peu préoccupés des visiteurs qui pouvaient venir sonner...
De la sorte, Mlle Marguerite avait pu s’esquiver sans que personne s’en aperçût, ce qui lui laissait cette latitude, pour le cas où on la verrait rentrer, de dissimuler la durée de son absence...
Un fiacre remontait la rue Pigalle au moment où elle sortit, elle le prit...
Certes, la démarche qu’elle faisait lui coûtait cruellement.
N’allait-elle pas être forcée, elle jeune fille, elle si réservée naturellement, de se confier à un étranger, de lui révéler ses sentiments les plus intimes, de lui ouvrir son âme, toute pleine de son amour pour Pascal Férailleur!...