Peu à peu, le «traqueur d’héritages» avait perdu sa pose avantageuse.
—Voilà, répondit-il, ce que je me suis demandé tout d’abord... Et j’ai, je le crois, trouvé la raison... Oui, je parierais que le marquis a entre les mains une lettre de feu M. de Chalusse, un acte, un testament, une pièce quelconque, enfin, établissant votre naissance, et par suite vos droits à la succession...
—Et ces droits, il les ferait valoir s’il était mon mari?...
—Naturellement...
De même que M. Fortunat, le vieux juge de paix n’avait trouvé que cette explication plausible de la conduite le M. de Valorsay.
Mais Mlle Marguerite se garda bien d’en rien dire... Payée pour être défiante, elle n’était pas sans s’inquiéter du grand intérêt que paraissait lui porter cet homme... Cela ne dissimulait-il pas quelque piége?... Et elle prenait la résolution que lui n’avait pas su tenir, de le laisser parler et de taire tout ce qu’elle savait.
—Peut-être avez-vous raison, fit-elle, mais ce que vous avancez il faudrait le prouver.
—Je prouverai que Valorsay n’a plus un sou vaillant, qu’il ne vit depuis un an que d’expédients justiciables de la police correctionnelle.
—Oh!...
—J’établirai qu’il a tenté de surprendre la bonne foi de M. de Chalusse par des actes qui constituent de véritables faux... Je démontrerai son entente avec M. de Coralth pour perdre M. Férailleur. Ne sera-ce pas quelque chose, mademoiselle?...