Mlle Marguerite connaissait Pascal Férailleur...
Foudroyé en plein bonheur par une catastrophe inouïe, il avait eu des heures de délire et d’horrible défaillance, mais il était incapable du lâche abandon de soi dont l’accusait M. Fortunat.
Elle lui rendait justice, la généreuse fille, quand elle disait:
—S’il est résigné à vivre, ce ne peut être qu’à cette condition de consacrer sa vie, tout ce qu’il a d’intelligence, de force et de volonté à confondre l’infâme calomnie...
Et cependant, elle ne connaissait pas toute l’étendue du malheur de Pascal...
Pouvait-elle supposer qu’il se croyait peut-être abandonné par elle, et renié, le malheureux, depuis ce billet que l’estimable Mme Léon lui avait porté à la porte du jardin de l’hôtel de Chalusse?...
Comment eût-elle su de quels doutes, de quels soupçons poignants l’âme de Pascal avait été déchirée, après les flétrissantes insinuations de la Vantrasson?
Il est vrai de dire qu’à sa mère seule il devait d’avoir échappé au suicide, sombre folie qui obsède les désespérés...
Et c’est encore à sa mère, cette incomparable gardienne de l’honneur, qu’il dut sa résolution, le matin où il alla frapper à la porte du baron Trigault.
Là, son courage devait rencontrer sa première récompense.