Aussi n’était-il plus le même homme, quand il sortit de cet hôtel princier de la rue de la Ville l’Évêque, où il était entré le cœur serré par l’angoisse.
Il était tout étourdi encore des scènes étranges dont il avait été l’involontaire témoin... Les secrets qu’il avait surpris, les confidences qui lui avaient été faites, tourbillonnaient dans son esprit... mais il espérait.
Une lueur de salut brillait à l’horizon, chétive encore et vacillante, mais enfin une lueur... Peut-être tenait-il le fil précieux qui le guiderait hors du dédale d’iniquité et d’ignominie où on l’avait enfermé.
D’ailleurs, il ne serait plus seul à combattre.
Un honnête homme, rompu aux luttes de la vie, expérimenté et vaillant, puissant par sa réputation, par ses relations et par sa fortune, venait de lui promettre solennellement son concours.
Grâce à cet homme, que le malheur faisait un ami plus sûr que les années, l’accès lui était ouvert près du misérable qui lui avait pris l’honneur pour lui prendre après la femme qu’il aimait...
Il savait maintenant les défauts de la cuirasse du marquis de Valorsay, où le frapper, et comment; et c’est cent mille francs à la main qu’il comptait se glisser dans son intimité pour y surprendre des preuves irrécusables de son infamie.
Grande était la hâte de Pascal d’apprendre à sa mère l’heureuse issue de sa visite. Mais diverses démarches, indispensables pour ses projets ultérieurs, le réclamaient impérieusement, et il était près de cinq heures quand il put regagner son pauvre logis de la route de la Révolte.
Lorsqu’il arriva, Mme Férailleur rentrait, ce qui ne le surprit pas médiocrement, car il ne savait pas qu’elle eût à sortir... Le fiacre qu’elle avait pris pour ses courses était encore devant la porte et elle n’avait pas eu le temps de retirer son châle et son chapeau...
A la vue de son fils, elle eut une exclamation de joie... Elle avait trop l’habitude de lire sur sa physionomie le secret de ses pensées pour qu’il eût besoin de lui rien dire, et avant qu’il eût ouvert la bouche: