Bientôt, il fut clair que Mme Férailleur était émue, elle s’attendrissait, et même, à un moment, soulevant ses lunettes, elle essuya une larme furtive qui fit bondir de joie le cœur de Pascal.

—Ces lettres sont admirables, prononça-t-elle, et jamais jeune fille élevée par une sainte mère n’a mieux exprimé de plus nobles sentiments... Seulement...

Elle s’interrompit, ne voulant pas sans doute blesser son fils, mais comme il la pressait:

—Seulement, ajouta-t-elle, ces lettres ont le tort irrémissible de t’avoir été adressées, Pascal!

Mais ce fut le dernier cri de son intraitable obstination.

—Maintenant, reprit-elle, attends avant de juger ta mère!...

Elle se leva, ouvrit vivement un tiroir, et en sortit un papier sali et froissé qu’elle présenta à son fils en lui disant:

—Lis ceci attentivement.

Ceci, c’était le billet au crayon que Mme Léon avait remis à Pascal, qu’il avait deviné plutôt que lu, à la lueur d’un réverbère, qu’il avait jeté à sa mère, en rentrant, et qu’elle avait gardé...

Il n’avait pas sa tête à lui, le soir où il avait été foudroyé par ce billet si cruel, tandis qu’en ce moment, il jouissait du libre exercice de toutes ses facultés...