—Si elle t’adressait un billet, il serait écrit en français, il ne fourmillerait pas de fautes d’orthographe?
—Oh!... par exemple!... s’écria Pascal.
Une inspiration soudaine l’arrêta, court... Il se précipita vers sa chambre, et la minute d’après, il reparut, tenant à la main un paquet de lettres qu’il jeta sur la table en disant:
—Tiens, ma mère, lis!...
Lentement, Mme Férailleur tira ses lunettes de leur étui, et après en avoir fixé les branches sous les épais rouleaux de ses cheveux gris, elle se mit à lire à voix basse...
Cela dura longtemps...
Les coudes sur la table, le front entre ses mains, Pascal appliquait tout ce qu’il avait de pénétration à épier sur la physionomie de sa mère la manifestation fugitive de ses impressions...
Évidemment elle était étonnée... Non, elle ne s’attendait pas à trouver dans les lettres de Mlle Marguerite cette hauteur de sentiments, l’expression d’une énergie égale à la sienne, et jusqu’à un écho de ses préjugés...
Car cette jeune fille étrange partageait les idées étroites de Mme Férailleur... Souvent elle s’était demandé si sa naissance et son passé ne creusaient pas un abîme entre elle et Pascal... Et elle ne s’était sentie rassurée que le jour où le vieux juge de paix, après avoir entendu le récit de sa vie, lui avait dit:
«—Si j’avais un fils, je serais fier qu’il fût aimé de vous!»