—Eh!... puis-je t’en vouloir, chère mère, lorsque je sais que tu ne songes qu’à mon bonheur... Mais comment ne serais-je pas attristé de tes prétentions!...
D’un geste, Mme Férailleur interrompit son fils.
—Ne revenons pas sur cette discussion! prononça-t-elle. Mlle Marguerite aura été la cause innocente d’un des grands chagrins de ma vie, mais je n’ai aucune raison de la haïr... J’ai d’ailleurs toujours su rendre justice aux personnes même que j’aime le moins... Je te l’ai déjà montré, je vais peut-être t’en donner une preuve éclatante...
—Une preuve?...
—Oui!...
Elle sembla se recueillir, et après un moment:
—Ne m’as-tu pas dit, mon fils, reprit-elle, que l’éducation de Mlle Marguerite n’a pas eu à souffrir de l’abandon de son enfance?...
—Et c’est la vérité, ma mère...
—Elle a eu le courage de se donner une certaine instruction?...
—Marguerite sait tout ce qu’une jeune fille d’une intelligence supérieure peut apprendre en quatre ans, quand elle est extraordinairement malheureuse, et que l’étude est son seul refuge et son unique consolation...