Et cela continuait ainsi, de ligne en ligne, le billet étant la copie exacte, aux fautes d’orthographe près, de la prose idiote, de «l’indispensable secrétaire.»
Le doute, désormais, n’était plus possible.
Il semblait à Pascal que les écaillés lui tombaient des yeux et qu’il voyait se dérouler admirablement distincte et logique en son infamie, la double intrigué ourdie pour creuser un abîme entre Mlle Marguerite et lui...
On l’avait déshonoré, lui, avec l’espoir qu’elle le repousserait et le renierait, on s’était trompé sans doute, et on avait imaginé cette fausse rupture pour le cas où il serait tenté de venir se justifier.
Ainsi, son amour, en dépit de quelques défaillances de courte durée, avait été plus clairvoyant que tous les raisonnements et plus fort que les apparences...
Ainsi, il avait eu raison de dire à sa mère:
—Que Marguerite m’abandonne au moment où je suis si malheureux... Que, avant que je me sois défendu, elle n’ait pas foi en moi plus qu’en tous les misérables qui m’accusent, c’est ce que jamais on ne me persuadera... L’évidence semble être contre moi, la vraisemblance me condamne, peu importe...
Maintenant, certaines circonstances s’accordaient, qui lui avaient paru absolument contradictoires.
Quelques instants plus tôt, il se disait encore: Comment, Marguerite m’écrit que son père, avant de mourir, lui a arraché ce serment qui me désespère, et d’un autre côté le marquis de Valorsay affirme que le comte de Chalusse est mort trop subitement pour avoir seulement le temps de reconnaître sa fille et de lui léguer son immense fortune...
Une de ces allégations, certainement, était mensongère... Laquelle?... Celle du billet, très-probablement...