C’était une héroïque résolution que prenait là Pascal, et qui, la veille, l’eût fait reculer... Mais l’héroïsme est facile, à qui espère, et il voyait, d’heure en heure, pour ainsi dire, croître ses chances de succès, et s’aplanir des obstacles que tout d’abord il avait jugés presque insurmontables.

L’opposition même de sa mère, qu’il avait considérée d’abord comme un immense malheur, avait cessé de le préoccuper.

Comment s’inquiéter et que craindre après la surprenante preuve d’équité que venait de donner cette rigide bourgeoise en établissant la fausseté du billet, c’est-à-dire en déchargeant Mlle Marguerite du soupçon d’avoir abandonné Pascal...

Il dormit peu et mal pourtant, cette nuit-là et de toute la journée du lendemain il ne bougea pas de la maison et ne desserra pas les dents...

C’est qu’il avait à mûrir le plan d’attaque qu’il projetait contre M. le marquis de Valorsay...

Ses avantages étaient considérables, grâce au baron Trigault, qui mettait à sa disposition cent mille francs... L’important était de se servir de cette somme assez habilement pour capter la confiance du marquis et l’amener à se livrer.

Du moins, ses méditations ne furent pas perdues...

Et le moment de se rendre chez son ennemi venu:

—J’ai trouvé, dit-il à sa mère, et si le baron me permet d’agir à ma guise... Valorsay est à moi!

XII