Strictement habillé de noir, ni trop élégant ni trop peu, le menton posé sur une haute cravate blanche, le visage glabre et les cheveux courts, il avait précisément cette gravité fûtée que l’imagination prête aux conseillers des remueurs d’argent.

De chance contre lui, immédiate et décisive, il n’en apercevait qu’une...

M. de Valorsay le connaissait peut-être physiquement.

Il était persuadé que non, mais il n’était pas sûr, il pouvait se tromper...

Songeant à cela, et inquiet, il avait d’abord eu la pensée de déguiser son visage... La réflexion le fit renoncer à cet expédient... Un déguisement imparfait attire l’attention et éveille les soupçons... Saurait-il véritablement déguiser sa physionomie?... Assurément non... Combien d’hommes sont capables de ce tour de force, et encore après bien des expériences... On cite deux ou trois policiers et une demi-douzaine d’acteurs.

Evaluant les probabilités pour et contre, il s’était déterminé à se présenter tel quel chez le marquis...

Il risquait, il est vrai, de rencontrer dans la rue des personnes de sa connaissance, ou quelqu’un des gens qu’on devait avoir mis en campagne pour retrouver ses traces, mais il estimait que, grâce au sacrifice qu’il avait fait de sa barbe,—ce qui le changeait beaucoup,—grâce aussi à la rapidité de sa marche, on ne le reconnaîtrait pas...

Cependant, lorsqu’il approcha de l’hôtel de M. de Valorsay, vers le haut de l’avenue des Champs-Élysées, prudemment il ralentit le pas, et même il s’arrêta pour explorer de l’œil les abords.

L’hôtel, entre cour et jardin, élevé de deux étages, lui parut très-vaste et très-beau. Les écuries et les remises occupaient d’élégants pavillons de chaque côté de la cour... Devant la grille entr’ouverte, cinq ou six domestiques en tenue du matin causaient et s’amusaient à agacer un gros chien terrier.

Bien en prit à Pascal de s’être attardé à cet examen.