—Entrez là, dit le valet à Pascal, en lui ouvrant une porte, je vais voir où est monsieur...
Pascal entra dans un salon très-vaste, magnifique, mais dont la magnificence manquait de fraîcheur... Le tapis, une merveille d’ailleurs, était taché par places... On n’avait pas toujours eu soin de tenir les persiennes closes, l’été, et le soleil avait altéré la couleur des rideaux...
Ce qui tirait l’œil, dans ce salon, c’était une quantité de coupes, de vases, de statuettes, de groupes, soit en argent, soit en or... Il y en avait sur toutes les tables...
Une inscription sur chacun de ces objets d’art annonçait qu’il avait été gagné par un cheval appartenant au marquis de Valorsay, et disait où, en quelles circonstances, quel jour de quelle année, et le nom du cheval vainqueur...
C’étaient là les titres de gloire du marquis... Ils lui avaient coûté la moitié de l’immense fortune qu’il avait dévorée...
Tout cela offrait peu d’intérêt à Pascal; aussi ne tarda-t-il pas à s’ennuyer d’attendre.
—Le Valorsay, pensa-t-il, joue au diplomate... Il ne veut pas avoir l’air pressé... Le malheur est que son domestique l’a trahi.
Enfin, il reparut, le domestique.
—Monsieur le marquis vous attend, monsieur, dit-il.
Cette voix remua Pascal comme le premier roulement du tambour battant la charge pour l’assaut d’une batterie.