Mais son sang-froid ne fut en rien altéré.
—Voici le moment décisif!... pensa-t-il, pourvu qu’il ne me connaisse pas!...
Et d’un pas ferme, il suivit le valet de chambre...
Comme toujours, lorsqu’il restait chez lui, M. de Valorsay se tenait dans une sorte de petit fumoir contigu à sa chambre à coucher. Assis devant une table, il semblait très-occupé à mettre en ordre des journaux de sport... Près de lui étaient une bouteille de vin de Madère et un verre aux trois quarts vide...
Quand son domestique annonça:
—Monsieur Mauméjan!...
Il leva la tête et son regard rencontra celui de Pascal.
Mais son œil ne vacilla pas, aucun des muscles de son visage ne bougea, sa physionomie garda sa froideur hautaine et railleuse...
Il était clair qu’il ne soupçonnait pas que là, devant lui, il avait le malheureux dont il avait essayé si lâchement de se défaire, son plus mortel et son plus redoutable ennemi.
—M. Mauméjan, fit-il, l’homme d’affaires du baron Trigault...