—Et c’est vous, monsieur le marquis, un homme riche, qui vous inquiétez pour cette bagatelle que le premier venu vous prêtera...
D’un sifflement ironique, M. de Valorsay l’interrompit.
—Croyez cela et buvez de l’eau!... ricana-t-il. Vous-même venez de le dire, monsieur Mauméjan, nous vivons à une époque où personne n’a d’argent que ceux qui en font le commerce... Les plus riches de mes amis n’en ont pas de trop pour eux, si même ils en ont assez... Ah! le temps est passé des bas de laine qu’on gonflait sournoisement de ses économies... Ils sont murés les vieux placards où on empilait des louis... M’adresserai-je à un banquier?... Il me demandera deux jours pour réfléchir, il exigera la signature de deux ou trois de mes amis... Si je vais trouver mon notaire, ce sera, ma foi, bien d’autres cérémonies, sans compter les remontrances.
Depuis un moment, Pascal s’agitait sur sa chaise, en homme qui a une proposition en poche, et qui n’attend qu’un joint pour la glisser.
Aussi, dès que M. de Valorsay s’arrêta pour reprendre haleine:
—Ma foi! dit-il, si j’osais...
—Eh bien!...
—Je vous offrirais, monsieur le marquis, de vous trouver ces 25,000 francs.
—Vous?...
—Moi-même.