—Me prenez-vous donc pour un sot!... s’écria-t-il. Ah! mais non!... J’ai l’air bon garçon, comme cela, mais je suis très-roué, au fond... Je cache mon jeu.
—Signez!... interrompit froidement Mme d’Argelès.
Mais il tenait à prouver qu’il n’était pas un étourdi facile à tromper, et ce n’est qu’après avoir lu et relu l’engagement rédigé par le notaire, qu’il consentit à mettre son nom au bas.
Quand cela fut fait, quand il eut enfin dans sa poche les pièces qui lui assuraient la succession tant convoitée:
—Maintenant, reprit Mme d’Argelès, j’ai une prière à vous adresser... Il se peut que votre père se présente pour vous disputer cette fortune, ou plutôt, il se présentera... Évitez, je vous en conjure, l’éclat d’un procès qui ébruiterait encore la honte déjà trop divulguée de votre mère, et du nom, jusqu’ici sans tache des Chalusse... Transigez. Vous allez être assez riche pour qu’il vous soit facile d’étancher les plus dévorantes convoitises sans vous appauvrir.
M. Wilkie se taisait, comme s’il eût délibéré sur la conduite à tenir.
—Si mon père est raisonnable, décida-t-il enfin, je le serai... Je choisirai pour arbitre entre nous deux, un de mes amis, un homme carré, comme moi, le marquis de Valorsay.
—Mon Dieu!... vous le connaissez!...
—C’est-à-dire, qu’il est un de mes intimes, cet excellent bon!...
Mme d’Argelès était devenue très-pâle.