—Malheureux!... s’écria-t-elle, vous ne savez donc pas ce que c’est que le marquis, vous ne savez donc pas...

Elle s’arrêta court... Encore un mot, et elle livrait le secret des projets de Pascal Férailleur, dont elle avait été informée par le baron Trigault... Avait-elle ce droit, même pour mettre son fils en garde contre un homme qu’elle jugeait le plus dangereux des scélérats?... Assurément non.

—Eh bien?... insista M. Wilkie surpris.

Déjà Mme d’Argelès avait repris son sang-froid.

—Je voulais simplement, répondit-elle, vous engager à vous défier un peu du marquis de Valorsay... Sa position est admirable, mais la vôtre va être plus brillante encore... Il est sur son déclin et vous débutez... Tout ce qu’il regrette, vous l’espérez... Peut-être va-t-il vous jalouser secrètement et essayer de vous pousser à quelque fausse démarche...

—Lui!... Ah! vous ne le connaissez guère, ce cher ami...

—Enfin, vous voilà prévenu...

M. Wilkie avait pris son chapeau, mais au moment de sortir l’embarras le clouait sur place; il comprenait confusément qu’il ne pouvait quitter sa mère ainsi.

—J’espère, commença-t-il, que j’aurai bientôt de bonnes nouvelles à vous apporter...

—Avant ce soir j’aurai quitté cet hôtel.