M. de Valorsay réfléchit une minute; puis d’un air solennel:

—Je croirais, dit-il, mon honneur intéressé à éclaircir jusqu’en ses moindres détails cette ténébreuse affaire... Avant de recueillir la succession d’un homme, c’est bien le moins qu’on sache de quoi il est mort, et qu’on la venge s’il a été lâchement assassiné...

Pour M. Wilkie, l’oracle avait parlé:

—Tel est exactement mon avis, déclara-t-il... Mais pour éclaircir le mystère, cher marquis, comment vous y prendriez-vous?...

—Je m’adresserais à la justice.

—Ah!...

—Et dès aujourd’hui, sur l’heure, sans perdre une seconde, j’adresserais une plainte au procureur impérial... affirmative quant au vol qui est patent, dubitative pour ce qui est de l’empoisonnement...

—En effet, oui, c’est une idée, cela... Mais il y a un petit inconvénient... Je ne saurais jamais formuler une plainte...

—Je ne le saurais pas plus que vous, mais le premier homme d’affaires venu vous rédigera cela... En avez-vous un?... Voulez-vous que je vous donne l’adresse du mien?... C’est un avocat très-habile et très-entendu, qui a pour clients presque tous les membres de mon cercle...

Cette dernière raison, à elle seule, eût suffi pour fixer le choix de M. Wilkie.