—Où trouver cet homme de bon conseil? interrogea-t-il.
—Chez lui... il y est toujours à cette heure... Tenez, voici un morceau de papier et un crayon, pour prendre son adresse; écrivez: Mauméjan, route de la Révolte... En lui disant que vous venez de ma part, il vous traitera comme moi-même... La course est longue, mais mon coupé est dans la cour, tout attelé, prenez-le, et la consultation terminée, revenez ici me demander à dîner...
—Ah!... c’est trop de bonté, s’écria M. Wilkie... Vous me comblez, cher marquis, parole sacrée... Je vole et je reviens!...
Et il s’éloigna radieux, et presque aussitôt on entendit le roulement de la voiture qui l’emportait chez M. Mauméjan.
Le docteur, lui, avait déjà pris sa canne et son chapeau.
—Vous m’excuserez, M. le marquis, dit-il, de vous quitter si brusquement, mais on m’attend, pour discuter un marché...
—Diable!...
—Tel que vous me voyez, je suis en pourparlers pour acheter un cabinet de dentiste.
—Comment, vous!...
—Moi-même!... Tous me direz: «C’est déchoir...» Je vous répondrai: «Ce sera vivre.» La médecine, de plus en plus, devient un métier maudit... A courir la visite, on ne gagne pas l’eau qu’on dépense à se laver les mains... Je trouve à acheter dans des conditions exceptionnelles un cabinet tout agencé, bien achalandé, dans un bon quartier, pourquoi ne le prendrais-je pas?... Une seule chose peut m’arrêter... le manque de fonds...