Rarement on danse, mais à partir de minuit on joue, et avant de se séparer, on soupe.

C’est en sortant d’une de ces petites fêtes, que Jules Chazel, ce malheureux qui était caissier chez un agent de change, se fit sauter la cervelle.

Les brillants habitués de l’hôtel d’Argelès jugèrent cette extrémité d’un goût déplorable.

—Ce garçon, décrétèrent-ils, n’était qu’on pleutre!... A peine perdait-il mille louis.

Il n’avait perdu que cela, en effet; une bagatelle par le temps qui court.

Seulement, cette somme n’était pas à lui. Il l’avait prise dans la caisse qui lui était confiée, comptant peut-être, qui sait! la doubler dans la nuit.

Au matin, quand il se trouva seul, sans un sou, et face du déficit, une voix lui cria du fond de sa conscience: «Tu es un voleur!...» Et il perdit la tête.

L’aventure eut un retentissement énorme, et même, à l’époque, le Petit Journal a raconté l’histoire de la mère de cet infortuné.

—Cette pauvre femme,—elle était veuve—vendit tout ce qu’elle possédait, et jusqu’à son bois de lit, pour faire de l’argent. Et quand elle eut réuni vingt mille francs, la rançon de l’honneur de son fils, elle les porta à l’agent de change.

Lui les prit, sans demander à cette mère si elle aurait de quoi dîner le soir. Ce que les gentilhommes qui avaient gagné et empoché les louis de Jules Chazel trouvèrent parfaitement naturel et juste.