Cependant, ces colis n’étaient pas partis. La vieille dame les avait laissés en consignation, et le surlendemain, une grosse femme aux allures suspectes était venue les réclamer, le bulletin de dépôt à la main, et les avait fait enlever après avoir acquitté les droits de magasinage.

Ce qui fixait les souvenirs de ce digne facteur, c’était que cette grosse femme ne lui avait pas donné un liard de pourboire, quoiqu’il se fût montré plus complaisant que le règlement ne l’ordonne.

Et au moment de s’éloigner, elle lui avait dit de sa voix douceâtre et d’un air impudent:

—«Je vous revaudrai cela, mon garçon... Je tiens un débit de vins route d’Asnières... Si jamais vous passez par là, avec un de vos camarades, entrez chez moi, je vous en paierai une de fameux!...»

Ce qui exaspérait surtout le digne facteur, c’était cette conviction que la grosse femme s’était moquée de lui.

—Car elle ne m’a pas dit son nom, ni son adresse, la vieille scélérate!... grondait-il. Aussi, gare dessous, si je la repince jamais!

Déjà Chupin s’éloignait, peu sensible aux doléances de son donneur de renseignements.

A cette heure, qu’il s’expliquait le stratagème employé par Mme Férailleur pour égarer les recherches, ses conjectures se changeaient en certitude.

Il lui était prouvé que Pascal se cachait quelque part à Paris. Mais où? Il lui était démontré que rejoindre la grosse femme serait retrouver Mme Férailleur et son fils. Comment y arriver?

Cette femme avait dit qu’elle tenait un débit de boissons route d’Asnières; était-ce vrai?... N’était-ce pas probable, plutôt, que cette indication vague n’était qu’une précaution nouvelle?