Quand du fond de son appartement il entendait tinter la grosse cloche d’entrée de l’hôtel, il tressaillait, devenait tout pâle et murmurait:
—C’est peut-être lui!...
Pour cette dernière raison, surtout, il s’accrochait obstinément au marquis de Valorsay... Effaré de ses prospérités nouvelles, il se sentait plus solide, appuyé sur cette haute amitié... Par tempérament, d’ailleurs, il était invinciblement attiré vers les gens à bruyante renommée, et il lui semblait grandir de plusieurs coudées, quand, dans un endroit public, dans la rue ou au restaurant, il criait à pleine voix:
«—Dites donc, Valorsay, mon excellent bon...» ou «Par ma foi! mon très-cher marquis!...»
L’autre, complaisamment, se prêtait à ces effusions, encore qu’il fût terriblement agacé de la platitude et des ridicules du personnage... Il se faisait une fête de l’envoyer aux cinq cents diables plus tard, mais en ce moment il sentait trop l’utilité de M. Wilkie pour souffrir seulement qu’il s’écartât de lui.
Sans se faire tirer l’oreille, il l’avait présenté à son cercle et conduit chez ses amis. Il se montrait avec lui partout; au bois, au restaurant, au théâtre...
D’aucuns demandaient parfois:
—Qui donc est ce drôle de petit bonhomme?...
Mais quand le marquis avait répondu négligemment:
—C’est un pauvre diable qui vient de recueillir une succession de vingt millions!...