—Mon Dieu! murmura-t-il, qu'allez-vous devenir!...
—Ne craignez rien, mon père, prononça Maxence. Je suis là. Ni ma mère ni ma sœur ne manqueront de rien...
—Mon fils!... reprit le caissier, mes enfants!...
Et d'une voix étouffée:
—Je ne suis digne ni de votre amour ni de votre dévouement... Malheureux que je suis!... Je vous ai fait une existence désolée, une jeunesse sans plaisirs. Je vous ai imposé toutes les épreuves de la pauvreté, tandis que moi!... Et maintenant, je vous laisse la ruine et un nom déshonoré...
—Hâtez-vous, mon père, interrompit Mlle Gilberte.
Il semblait ne pouvoir se décider.
—C'est cependant horrible, poursuivait-il, que de vous abandonner ainsi. Quelle séparation! Ah! la mort serait plus douce. Quel souvenir garderez-vous de moi? Certes, je suis bien coupable, mais non comme vous le pensez. J'ai été trahi. Je vais payer pour tous. Si du moins vous saviez la vérité! Mais la saurez-vous jamais! Nous ne nous reverrons plus...
Désespérément, sa femme s'attachait à lui.
—Ne parle pas ainsi, disait-elle. Où que tu trouves un asile, j'irai te rejoindre. La mort seule doit nous séparer. Eh! que m'importe ce que tu as fait et ce que dira le monde? Je suis ta femme. Nos enfants viendront avec moi. Nous passerons en Amérique, s'il le faut; nous changerons de nom, nous travaillerons...