—Or, poursuivit-il, vous voilà sans un sou. Est-ce Maxence qui vous donnera de l'argent? Pauvre garçon! Où le prendrait-il, lui qui n'en a même pas assez pour sa maîtresse? Donc, qu'allez-vous faire?

—Je travaillerai, monsieur.

Il se leva, fit un profond salut, et se rasseyant:

—Tous mes compliments, fit-il. Je ne vois qu'un obstacle à cette belle résolution: il est impossible à une femme de se suffire avec son seul travail. Il n'y a à manger à peu près leur comptant que les servantes...

—Je me ferai servante, s'il le faut.

Il resta deux secondes interloqué, mais reprenant son aplomb:

—Vous n'en seriez pas là, reprit-il d'une vois câline, si vous ne m'aviez pas repoussé, quand je voulais être votre mari... Mais vous ne pouviez pas me voir en peinture!... Et cependant, parole d'honneur, je vous aimais, oh! mais, là, pour tout de bon... C'est que je m'y connais en femmes, et que je voyais bien quel effet vous feriez, si vous étiez habillée, coiffée, parée et étendue dans un huit ressorts, au bois...

Plus fort que la volonté, le dégoût montait aux lèvres de la jeune fille.

—Ah! monsieur! fit-elle.

Il se méprit.