Mlle Gilberte eut un geste désolé.
—Pourquoi l'avoir traité si cruellement? murmura-t-elle.
—Je m'étais promis et il eût été politique de rester calme. Mais il est de ces outrages abominables qu'un homme de cœur ne peut pas endurer. Je ne regrette pas ce que j'ai fait.
Un long silence suivit, et ils restaient debout, en face l'un de l'autre, oppressés, émus, détournant les yeux. Mlle Gilberte s'apercevait du désordre de sa toilette et elle en avait honte. M. de Trégars s'étonnait maintenant de la hardiesse qu'il avait eue de pénétrer ainsi dans cette maison.
—Vous savez quel malheur nous frappe? reprit enfin la jeune fille.
—Je l'ai appris ce matin par le journal.
—Quoi! les journaux savent déjà?...
—Tout.
—Et notre nom y est imprimé?
—Oui.