Elle se voila le visage de ses deux mains, et accablée:

—Quelle honte!... fit-elle.

—Sur le premier moment, continuait M. de Trégars, je ne pouvais croire à la réalité de ce que je lisais. Je me suis hâté d'accourir, et le premier boutiquier des environs que j'ai questionné, ne m'a que trop prouvé que le journal disait vrai. Dès lors, je n'ai plus eu qu'un désir, impérieux, immense: vous parler. Et je suis arrivé rue Saint-Gilles poussé par l'espérance incertaine de vous apercevoir. En reconnaissant à votre porte l'équipage de M. Costeclar, j'ai eu comme un pressentiment de la vérité. Je suis entré chez le concierge et j'ai demandé votre mère ou votre frère. On m'a répondu que Maxence était sorti depuis un moment déjà, et que Mme Favoral venait de sortir, en voiture, avec M. Chapelain, l'ancien avoué. A l'idée que vous étiez seule avec M. Costeclar, je n'ai pas hésité. Je me suis lancé dans l'escalier. La porte de votre appartement n'étant pas fermée, je n'ai pas eu besoin de sonner, et votre domestique m'a laissé entrer sans seulement me demander ce que je voulais...

Non sans efforts, Mlle Gilberte maîtrisait les sanglots qui gonflaient sa poitrine.

—Je n'espérais plus vous revoir, balbutia-t-elle.

—Oh!

—Et vous trouverez là, sur la table, la lettre que je venais de commencer pour vous, lorsque M. Costeclar m'a interrompue.

Vivement, M. de Trégars s'en empara. Deux lignes seulement étaient écrites; il lut:

«Je vous rends votre parole, Marius, désormais vous êtes libre!!!»

Devenu plus blanc qu'un linge: