Et tout en remontant la rue de Turenne:

—C'est fini! répétait-il, je ne m'en relèverai pas.

Et il songeait à changer de nom, à s'expatrier, à fuir jusqu'au fond des déserts de l'Amérique la détestable célébrité qui allait, croyait-il, s'attacher désormais à lui.

A quelque distance, cependant, à l'angle de la rue Béranger et de la rue Charlot, il apercevait un groupe d'une trentaine de personnes.

Il ne connut que trop tôt la cause de ce rassemblement.

A cet endroit, où le trottoir est très-large, un marchand de journaux a établi sa boutique, une grande boîte peinte en vert, avec une sorte de toit en toile cirée.

Ce marchand, un gros petit homme, à la face enluminée et au regard impudent, était huché sur un escabeau, et d'une voix enrouée:

—Voilà, criait-il, les journaux du matin! Voilà ce qui vient de paraître! Il faut voir les détails du vol de douze millions qui vient d'être commis par un pauvre caissier...

Les passants s'arrêtaient.

—Achetez le journal du matin! criait l'homme.