Et pour activer le débit de sa marchandise, il ajoutait toutes sortes de lazzi de son crû, disant que le voleur était un homme du quartier, et que c'était bien flatteur et bien avantageux pour le Marais, qu'on avait toujours accusé d'être arriéré.

—Voilà le Marais dans le mouvement, ricanait-il. La foule riait et il poursuivait:

—Le vol du caissier Favoral! douze millions! Achetez, pour voir les détails et la manière d'en faire autant!...

Ainsi, le scandale éclatait, terrible, irrémédiable, emplissant Paris de son tapage.

A dix pas, Maxence demeurait immobile, les talons comme rivés au sol, regardant et écoutant.

Il eût voulu s'éloigner, mais un sentiment impérieux, plus fort que sa volonté et que sa raison, le retenait là, ou plutôt l'attirait vers l'échoppe. Il brûlait de savoir ce que disaient les journaux.

Tout à coup, il se décida.

Il s'avança brusquement, jeta trois sous au marchand, saisit un journal, et s'enfuit éperdu, comme s'il eût été poursuivi par des huées.

—Pas poli, le monsieur! grommelaient deux badauds qu'il avait dérangés.

Mais si prompt qu'eût été son mouvement, un boutiquier de la rue de Turenne avait eu le temps de le reconnaître.