—C'est le fils du caissier! s'écria-t-il.
—Pas possible!
—Comment n'est-il pas arrêté?...
Cinq ou six curieux, plus enragés que les autres, s'élancèrent sur ses traces, espérant le voir, le dévisager, mais il était loin déjà.
Accoté contre un réverbère du boulevard du Temple, il dépliait le journal qu'il venait d'acheter.
Oh! il n'eut pas à chercher l'article.
Au beau milieu de la première page, à la place d'honneur, en grosses lettres, il lut:
ENCORE UN SINISTRE FINANCIER!
«Au moment où nous mettons sous presse, la petite Bourse est en proie à la plus violente agitation. Avec la rapidité d'une traînée de poudre, la nouvelle se répand, tout le long du boulevard, qu'un de nos grands établissements de crédit vient d'être victime d'un vol d'une importance exceptionnelle.
«Vers les cinq heures du soir, ayant besoin d'une pièce de comptabilité, le directeur du Comptoir de crédit mutuel se transporta dans le bureau occupé par le caissier central, alors absent. Un bordereau oublié sur une table fit jaillir dans son esprit l'éclair du soupçon. Épouvanté, il envoya chercher un serrurier, fit ouvrir les tiroirs et acquit l'irrécusable preuve que le Crédit mutuel était victime de détournements dont le total connu jusqu'à présent s'élève à plus de douze millions.