—C'est le comble! répétait Maxence d'une voix sourde.
Et cependant, il était peut-être plus surpris encore qu'indigné.
Ce journal venait de lui en apprendre plus que n'en savaient les intimes amis de son père, plus qu'il n'en savait lui-même.
D'où tenait-il ses renseignements?
Maxence avait trop le respect de la chose imprimée pour douter, et c'est avec une véritable angoisse qu'il se demandait quels pouvaient être ces autres détails que l'auteur de l'article déclarait connaître et ne vouloir pas livrer encore à la publicité.
S'il eût suivi son inspiration, il eût couru tout d'une haleine au bureau du journal, persuadé qu'on y saurait lui dire en quel quartier de Paris M. Favoral menait son existence de plaisir et de luxe, sous quel nom, et quelle était réellement cette femme dont il était follement épris, et que les uns disaient une femme de la haute finance et les autres une actrice...
Mais il arrivait à son hôtel, l'Hôtel des Folies.
Après un moment d'hésitation:
—Baste! se dit-il, j'ai toute la journée pour passer au journal!...
Et il s'engagea dans le corridor de l'hôtel, corridor si étroit, si obscur et si long, qu'il donne l'idée d'un boyau de mine, et qu'il est prudent, avant de s'y aventurer, de s'assurer que personne ne vient en sens contraire.