Jamais à voir tout ce mouvement, ce luxe, ce bruit, cet entrain de plaisir, on ne se fût douté qu'on venait de traverser les terribles années de 1870 et de 1871. On eût été tenté de croire à un cauchemar sinistre, si on n'eût aperçu, n'attestant que trop la réalité des désastres, d'un côté, la silhouette des Tuileries incendiées, de l'autre les échafaudages des ouvriers occupés à réparer l'Arc-de-Triomphe...

Du fond de son fiacre, Maxence ne perdait pas de vue Mlle Lucienne.

Elle faisait sensation, évidemment.

Les hommes s'arrêtaient pour la regarder, d'un air d'admiration ébahie, les femmes se penchaient hors de leur voiture pour la mieux voir.

—Où va-t-elle ainsi? se demandait Maxence.

Elle se rendait au bois, et bientôt sa voiture s'engagea dans l'interminable file des voitures qui tournaient au pas dans la grande allée.

Suivre à pied devenait plus simple. Maxence envoya son fiacre l'attendre à quelque distance, et s'engagea dans l'allée des piétons qui serpente autour des lacs.

Il n'y avait pas fait cinquante pas qu'il s'entendit appeler.

Il se retourna, et à deux longueurs de canne, aperçut M. Saint-Pavin et M. Costeclar.

C'est à peine si Maxence connaissait M. Saint-Pavin pour l'avoir vu trois ou quatre fois rue Saint-Gilles, et il exécrait M. Costeclar.