Mais il vit autre chose encore:

Presque sur les pas de la jeune fille, un domestique s'enfonça dans le corridor de l'hôtel, et ne se retira qu'après être resté un gros quart d'heure en grande conférence avec la Fortin.

—C'est fini, pensa le pauvre garçon, Lucienne ne sera pas longtemps ma voisine.

Il se trompait. Un mois s'écoula sans amener aucun changement. Comme par le passé, la jeune fille partait tôt, rentrait tard, et tous les dimanches restait seule enfermée dans sa chambre. Une ou deux fois la semaine, quand le temps était beau, la voiture de chez Brion venait la prendre sur les trois heures et la ramenait à la nuit.

Si bien que ne sachant plus qu'imaginer, Maxence, désespérément se raccrochait aux plus folles conjectures, lorsqu'un soir, c'était le 31 octobre, comme il rentrait se coucher, il entendit de grands éclats de voix dans le bureau de l'hôtel.

Poussé par une instinctive curiosité, il s'avança sur la pointe du pied, de façon à bien voir et à bien entendre.

Les époux Fortin et Mlle Lucienne étaient en grande discussion.

—C'est se moquer, clamait l'honorable gérante, et je prétends être payée...

Mlle Lucienne était fort calme.

—Eh bien! répondait-elle, est-ce que je ne vous paie pas? Est-ce que ne voici pas 40 francs, 30 francs d'avance pour ma chambre et 10 à valoir sur l'arriéré?