—Sans compter, ajouta-t-il, que je vous fournis là une occasion unique de fortune. Jolie comme vous êtes, et inconnue, vous serez remarquée. Il n'en faut pas tant pour tourner la tête d'un millionnaire...
J'étais indignée.
—Quand ce ne serait, m'écriai-je, que pour la raison que vous me dites, je refuse!...
Il ne se tenait point pour battu.
—Vous n'êtes qu'une sotte, ma chère, me dit-il, et comme, si vous n'acceptez pas, vous cesserez de faire partie de ma maison, je pense que vous réfléchirez.
C'était tout réfléchi, et je ne songeais qu'à me mettre en quête d'un autre patron, quand mon ami, l'officier de paix, m'écrivit de passer à son bureau.
Je m'y rendis, et après m'avoir amicalement fait asseoir:
—Eh bien, me demanda-t-il, quoi de nouveau?
—Rien. Je ne me suis pas aperçue que l'on m'ait épiée.
Il fit claquer sa langue d'un air mécontent.