Et lui, malgré tout, se trouvait avoir à sa disposition autant d'argent que ceux d'entre ses camarades; dont les parents passaient pour être les plus opulents et les plus généreux.
Inquiet, il interrogea.
—Eh! que t'importe! lui répondit sa mère, toute rougissante et toute embarrassée, voilà-t-il pas un grave sujet de préoccupation!
Et comme il insistait:
—Va, nous sommes riches, lui dit-elle.
Mais il ne pouvait la croire, accoutumé qu'il était à toujours entendre crier misère, et comme il fixait sur elle de grands yeux surpris:
—Oui, reprit-elle, avec une imprudence qui, fatalement, devait porter ses fruits, nous sommes riches, et si nous vivons comme tu le vois, c'est que cela convient à ton père, qui veut amasser une fortune plus grande encore.
Ce n'était pas une réponse, et cependant Maxence n'en demanda pas plus. Mais il s'informa de droite et de gauche, avec cette adresse patiente des jeunes gens armés d'une idée fixe.
Déjà, à cette époque, M. Vincent Favoral avait dans le quartier, et même parmi ses amis, la réputation d'être pour le moins millionnaire. Le Comptoir de crédit mutuel avait pris des développements considérables; il avait dû, pensait-on, en profiter largement, et les bénéfices avaient dû grossir vite entre les mains d'un homme aussi habile que lui et dont la sévère économie était célèbre.
Voilà ce qu'on dit à Maxence, mais non sans lui donner ironiquement à entendre qu'il aurait tort de compter sur la fortune paternelle pour mener joyeuse vie.