M. Desormeaux lui-même, qu'il avait interrogé assez adroitement, lui dit en lui frappant amicalement sur l'épaule:

—S'il vous faut jamais de la monnaie pour vos fredaines de jeune homme, tâchez d'en gagner, car ce n'est sacrebleu pas papa qui vous en fournira.

De telles réponses compliquaient, au lieu de l'expliquer, le problème qui troublait Maxence.

Il observa, il épia, et enfin il en arriva à acquérir la certitude que l'argent qu'il dépensait était le produit du travail de sa mère et de sa sœur...

—Ah! pourquoi ne l'avoir pas dit!... s'écria-t-il en se jetant au cou de sa mère, pourquoi m'avoir exposé aux regrets amers que j'éprouve en ce moment!...

Par ce seul mot, la pauvre femme se trouva largement payée. Elle admira la noblesse des sentiments de son fils et la bonté de son cœur.

—Ne comprends-tu donc pas, lui dit-elle, en versant des larmes de joie, ne vois-tu pas bien que c'est un bonheur, pour une mère, le travail qui peut servir au plaisir de son fils!...

Mais il était consterné de sa découverte.

—N'importe! dit-il. Je jure bien qu'on ne me verra plus jeter au vent, comme autrefois, l'argent que tu me donnes...

Pendant plusieurs semaines, en effet, il fut fidèle à cet engagement qu'il venait de prendre. Mais à dix-sept ans, les résolutions ne sont pas bien solides. L'impression qu'il avait ressentie s'effaça. Il s'ennuya des petites privations qu'il s'imposait.