Bientôt il se lassa.

Il avait retrouvé à l'École de Droit d'anciens camarades de l'institution Massin, dont les parents habitaient la province, et qui, par conséquent, vivaient libres au quartier latin, moins assidus aux cours qu'à la brasserie de la Source ou à la Closerie des Lilas.

Il envia leur vie joyeuse, leur liberté sans contrôle, leurs plaisirs faciles, leur chambre meublée, et jusqu'à la gargote où ils prenaient à crédit tout ce qu'on voulait bien leur donner, réservant l'argent de leur pension pour la distraction qu'il faut payer comptant.

Mais Mme Favoral n'était-elle pas là?...

Elle avait tant travaillé, la pauvre femme, surtout depuis que Mlle Gilberte était presque une jeune fille, elle avait tant économisé, tant grappillé, que sa réserve, malgré le nombre des emprunts, s'élevait à une somme assez forte.

Quand Maxence voulait deux ou trois louis, il n'avait qu'un mot à dire. Il les voulut souvent.

Aussi devint-il d'une jolie force au billard. Il eut sa pipe culottée au râtelier d'une brasserie, il prit l'absinthe avant de dîner et s'exerça le soir à effacer des bocks. L'audace lui venant, il dansa à Bullier, il connut les cabinets particuliers de Foyot et enfin eut une maîtresse.

Si bien qu'une après-midi, que M. Favoral avait été appelé par une affaire de l'autre côté de l'eau, il se trouva nez à nez avec son fils, lequel s'avançait, le cigare à la bouche, ayant au bras une demoiselle supérieurement peinte et harnachée d'une toilette à faire cabrer les chevaux de fiacre.

C'est dans un état d'indicible fureur qu'il regagna la rue Saint-Gilles.

—Une femme! s'écriait-il d'un accent de pudeur révoltée. Une drôlesse! lui! mon fils!...