—Oui, et qui me convient...

—Mais je ne veux pas me marier, mon père...

—Toutes les jeunes filles disent cela, et dès qu'il se présente un prétendant elles sont enchantées. Le mien est un garçon de vingt-six ans, très-bien de sa personne, aimable, spirituel, qui a eu de grands succès dans le monde...

—Mon père, je vous affirme que je ne veux pas quitter ma mère...

—Naturellement... C'est un homme intelligent, et un travailleur obstiné, promis, de l'avis de tous, à une immense fortune. Bien qu'il soit riche déjà, car il est un des principaux intéressés d'une charge d'agent de change, il fait avec l'ardeur d'un pauvre diable le métier de remisier. On me dirait qu'il gagne cent mille écus par an que je n'en serais pas surpris. Sa femme aura voiture, loge à l'Opéra, des diamants et des toilettes autant que Mme de Thaller...

—Eh! que m'importent de telles choses!

—C'est entendu. Je te le présenterai samedi...

Mais Mlle Gilberte n'était pas de ces jeunes filles qui, par timidité, par faiblesse, se laissent engager contre leur volonté, et engager si avant que plus tard elles ne peuvent plus reculer. Une discussion devant avoir lieu, elle préférait la subir immédiatement.

—Une présentation est absolument inutile, mon père, déclara-t-elle résolument.

—Parce que?