N'était-elle pas sûre qu'il avait été laissé là pour elle!
Aussi, à peine rentrée, courut-elle s'enfermer dans sa chambre, et après d'assez longues recherches à travers les colonnes, elle lut:
«Un des plus riches et des plus intelligents industriels de Paris, M. Marcolet, vient de se rendre acquéreur, à Grenelle, des vastes terrains de la succession Lacoche. Il se propose d'y construire une fabrique de produits chimiques dont la direction serait confiée à M. de T...»
«Quoique fort jeune encore, M. de T... s'est fait un nom par ses remarquables travaux sur l'électricité. Peut-être était-il à la veille de résoudre le problème si controversé de la locomotion par l'électricité, quand la ruine de son père vint arrêter ses études.
«C'est à l'industrie qu'il demande aujourd'hui le moyen de poursuivre ses coûteuses expériences. Il n'est pas le premier à s'engager dans cette voie. N'est-ce pas à l'invention de l'injecteur qui porte son nom, que l'ingénieur Giffard doit la fortune qui lui permet de continuer à chercher la direction des ballons? Pourquoi M. de T..., qui a le même courage, n'aurait-il pas le même bonheur?...»
—Ah! il ne m'oublie pas, se dit Mlle Gilberte, émue jusqu'aux larmes par cet article, qui n'était cependant qu'une réclame rédigée à l'insu de M. de Trégars par M. Marcolet lui-même.
Elle était encore sous cette impression, songeant que déjà Marius était à l'œuvre, lorsque son père lui annonça qu'il avait découvert un mari, lui signifiant d'avoir à le trouver à son goût, puisque lui, le maître, il le jugeait convenable.
De là l'énergie de ses refus.
Mais de là aussi l'imprudente vivacité qui avait éclairé Mme Favoral et qui lui faisait dire:
—Tu me caches quelque chose, Gilberte?...