—Je ne sais pas, répondit un employé.
Les clients se succédaient, gens de mine hétéroclite pour la plupart, d'allures inquiètes ou inquiétantes, faces blêmes d'usuriers, visages rubiconds de maquignons, nez allongés de dupes. Quelques-uns étaient si misérablement vêtus qu'on leur eût donné un sou dans la rue, et que certainement ils l'eussent accepté, et cependant ce n'étaient pas les plus mal reçus, tant il est vrai qu'aux alentours de la Bourse, surtout, l'habit ne fait pas le moine. Il y en avait qui passaient à la caisse, et qui versaient ou recevaient de l'argent. D'autres, les familiers de l'office, évidemment, entraient la tête jusqu'aux épaules dans un guichet, et ployés en deux, les mains appuyées sur la tablette, ils restaient en grande conférence avec les employés.
Par instants, une voix s'élevait, qui, dominant le murmure confus des conversations, criait:
—Combien ont fait les Tiffila?
—Sept vingt-cinq, répondait une autre voix sur le même ton.
—Et les Épargnes des Paroisses?
—Trois trente....
A la fin, cependant, la petite porte de gauche s'ouvrit, et on vit sortir le client qui, depuis si longtemps, accaparait M. Lattermann.
Ce client n'était autre que M. Costeclar....
Apercevant M. de Trégars et Maxence, qui s'étaient levés au bruit de la porte, il parut on ne peut plus désagréablement surpris; il pâlit même légèrement, et fit un pas en arrière comme pour rentrer précipitamment dans la pièce qu'il quittait.