Mais ce n'est pas rue Saint-Gilles que se rendit Maxence.
Il tenait à voir d'abord Mlle Lucienne, à lui apprendre les événements de cette journée, la plus remplie de son existence, à lui dire ses découvertes, ses étonnements, ses angoisses et ses espérances....
A sa grande surprise, il ne la trouva pas à l'Hôtel des Folies. Sortie en voiture à trois heures, lui dit la Fortin, elle n'était pas encore rentrée.
Elle ne pouvait tarder, il est vrai, car déjà le jour baissait.
Maxence ressortit donc pour aller à sa rencontre. Suivant le trottoir, il était arrivé à cet escalier qui rend impraticable une partie du boulevard du Temple, quand, au loin, sur la place du Château-d'Eau, il lui sembla apercevoir un tumulte inaccoutumé.
Presque aussitôt, des cris de terreur retentirent. Des gens affolés se mirent à fuir dans toutes les directions, et une voiture lancée à fond de train passa devant lui comme un éclair.
Mais si vite qu'elle eût passé, il avait eu le temps d'y reconnaître Mlle Lucienne, pâle et désespérément cramponnée aux coussins.
Éperdu, il se mit à courir de toutes ses forces.
Il était clair que le cocher n'était plus maître de ses chevaux, qui galopaient d'un galop furieux.... Un sergent de ville qui essaya de les arrêter fut renversé.... Dix pas plus loin, une roue de derrière de la voiture accrochant la roue d'une lourde charrette, volait en éclats, et Mlle Lucienne était lancée sur la chaussée, pendant que le cocher, précipité de son siége, roulait jusque sur le trottoir....