—Il ne me l'a pas expliqué.

—Pourquoi ne m'avoir pas prévenu?

—Parce qu'il m'avait priée de ne pas vous prévenir.

De rouge qu'il était au début, Maxence devint fort pâle.

—Ainsi, reprit-il, c'est cet homme de police qui décidément est l'arbitre de ma destinée, et si demain il vous commandait de rompre avec moi....

Mlle Lucienne se dressa.

—Assez! interrompit-elle, d'une voix brève, assez! Il n'est pas dans ma vie un acte qui donne à mon plus cruel ennemi le droit de suspecter ma loyauté, et voici que vous m'accusez d'une lâche trahison! Qu'avez-vous à me reprocher? N'ai-je pas été toujours fidèle au pacte d'alliance juré entre nous? N'ai-je pas été toujours pour vous le meilleur des camarades et le plus dévoué des amis? Je me suis tue quand l'homme en qui j'avais toute confiance me priait de me taire, mais il savait que si vous m'interrogiez, je parlerais, il était prévenu. M'avez-vous interrogée?... Et maintenant que vous faut-il de plus? Que je me justifie d'une accusation absurde, que je m'abaisse jusqu'à calmer les soupçons de votre esprit malade? C'est ce que je ne ferai pas....

Elle n'avait peut-être pas absolument raison. Mais Maxence avait tort, il le reconnut, il pleura, il implora un pardon qui lui fut accordé, et cette explication ne fit que resserrer les liens déjà si forts qui l'attachaient.

Il est vrai qu'à dater de ce jour, usant de la permission qui lui avait été donnée, il s'informa sans cesse des démarches et des espérances de Mlle Lucienne.

Elle lui apprit que son ami le commissaire s'était livré, à Louveciennes, aux plus minutieuses investigations.