—La commission est faite, monsieur, répondit-il. J'ai vu le reporter qui a rédigé l'article en question et après avoir bien tergiversé, il a fini par m'avouer qu'il s'était peut-être un peu avancé, qu'il n'avait pas d'autres renseignements que ceux qu'il avait donnés, et qu'il les tenait de deux amis intimes du caissier du Comptoir de crédit mutuel, M. Costeclar et M. Saint-Pavin.
—Il fallait courir chez ces messieurs.
—J'y ai couru.
—A la bonne heure!
—Malheureusement M. Costeclar venait de sortir.
—Et l'autre?
—J'ai trouvé l'autre, M. Saint-Pavin, au bureau de son journal, le Pilote financier. C'est un grossier personnage, qui m'a reçu comme un chien dans un jeu de quilles, et même, si je m'étais écouté....
—Passons....
—Alors donc, il était en grande conférence avec un autre monsieur, un banquier nommé Jottras, de la maison Jottras et son frère, et ils étaient dans une colère épouvantable, jurant à faire crouler le plafond, disant que l'affaire de M. Favoral les ruinait, qu'ils étaient joués comme des imbéciles, mais que cela ne se passerait pas ainsi, et qu'ils allaient rédiger un article foudroyant....
Mais il s'arrêta, clignant de l'œil et montrant Maxence et Mlle Lucienne qui écoutaient de toutes leurs forces.