C'est sans échanger une parole de plus qu'ils arrivèrent à l'Hôtel des Folies.

La Fortin était encore sur sa porte, pérorant au milieu d'un groupe avec une volubilité que rien ne lassait.

C'était véritablement un coup de fortune, pour elle, que de loger le fils de ce caissier qui avait volé douze millions, qui était en ce moment le sujet de toutes les conversations, et dont le nom était dans toutes les bouches.

Elle devait à cette circonstance d'être tout à coup devenue un personnage. Les boutiquiers du quartier qui, vu sa réputation suspecte, ne l'avaient jamais saluée jusqu'alors, l'accablaient de prévenances depuis le matin, et la courtisaient bassement pour qu'elle leur donnât des détails.

Et sa cupidité ne s'épanouissait guère moins que son amour-propre. Elle calculait que lors du procès on prononcerait infailliblement le nom de l'Hôtel des Folies, et que ce lui serait une réclame excellente et une source de bénéfices certains.

Déjà même, en prévision d'un surcroît de clientèle, elle avait tenu conseil avec le sieur Fortin, et agité la question de faire repeindre l'escalier et d'augmenter tous les loyers de 25 pour cent.

Voyant arriver Maxence et Mlle Lucienne, elle abandonna le groupe dont elle était le centre, et les saluant de son plus obséquieux sourire:

—Déjà finie, cette petite promenade? leur dit-elle.

Mais ils ne répondirent pas, et s'étant engouffré dans l'étroit corridor, ils se hâtèrent de regagner leur quatrième étage.

C'est avec un mouvement de rage, qu'en entrant dans sa chambre, Maxence jeta son chapeau sur le lit; et, après s'être un moment promené de long en large, revenant se planter devant Mlle Lucienne: