Le rapport est la grande affaire de sa matinée.
Ensuite on l’attend avec impatience à l’escadron pour connaître l’ordre du jour.
Enfin, en moyenne, l’adjudant-major fait sonner au marchef au moins une fois par heure.
Après son service actif vient sa comptabilité; c’est lui qui tient en partie double les états de linge et chaussures et le grand livre des punitions.
Il doit savoir pourquoi le hussard Bardouillet a été collé au bloc par le brigadier Goblot, et pourquoi l’administration n’a livré que cent quarante-neuf draps au lieu de cent cinquante.
Il est aidé dans sa besogne par deux fourriers, un brigadier et un maréchal des logis. Ce sont les comptables, ou gratte-papiers, ou buveurs d’encre.
Outre la responsabilité de tout le service, le marchef a en maniement les fonds de l’ordinaire. Là véritablement est le souci et le danger.
Hélas! on a vu des chefs, plus étourdis que coupables, emprunter à leur caisse... Au régiment comme dans le civil, ça s’appelle manger la grenouille. C’est grave.
Du matin au soir, le marchef se plaint de ses fourriers qui, à l’entendre, ne font absolument rien et lui laissent toute la besogne sur le dos.
Les fourriers, de leur côté, affirment que leur marchegis, qu’ils appellent le double, est un flâneur déterminé.