Mais tandis que le caporal commande simplement quatre hommes, le brigadier commande quatre chevaux, ce qui explique ses airs de supériorité.
Au 13e, on ne compte que par chevaux, le cavalier passe par-dessus le marché.
Le brigadier, de sa nature, est bon enfant et pas fier avec les hussards, très-disposé par tempérament à accepter une politesse de tout un chacun—en dehors du service, s’entend.
Il n’y a d’insupportables que ceux qui ont la certitude de ne jamais passer maréchaux des logis.
Cette triste conviction les porte souvent à commettre des abus de pouvoir, moins par méchanceté que pour se prouver à eux-mêmes leur puissance.
Ils ont la susceptibilité de la sensitive et ne transigent jamais avec leur dignité. Ils sont intraitables à l’endroit du salut, l’exigent à cinq pas, et voudraient qu’on en fît un cas de conseil.
Enfin, ils ne peuvent souffrir les engagés volontaires.
Revenons au commun des martyrs, c’est bien le nom des brigadiers.
S’ils deviennent farouches, c’est qu’ils sont de semaine.—Ce genre de service produit le même effet à tous les grades.—En ce cas, pour s’éviter une punition, ils sont capables de bloquer tout l’escadron. Heureusement le brigadier ne peut que deux jours de salle de police ou quatre jours de consigne à la fois.
Il en est un pourtant, heureux entre tous, qui est envié, entouré, flagorné... c’est le brigadier d’ordinaire.