Avec le carnaval arrive chaque année la cavalcade de charité.
Heureux pauvres! c’est pour eux, pourtant, que tous les sous-officiers se mettent en quête de travestissements, que le théâtre ouvre ses magasins, que les officiers riches font venir des costumes de Paris.
Venez au carnaval prochain, et vous verrez.
Le brigadier-fourrier, déguisé en femme, l’ours traditionnel, le sauvage dévorant de la chair crue avec voracité, et l’éternel fantassin à cheval, sac au dos, éperons aux coudes, toujours près de tomber, et tombant quelquefois, vu les bouteilles vidées.
En tête, vous verrez la musique travestie en Arabes, avec ses draps en turban.
Mais la plus grande de toutes les fêtes est le passage, dans la ville, d’un régiment de cavalerie.
Il y a réception. La ville est en émoi.
Officiers, sous-officiers et brigadiers du régiment en garnison traitent leurs collègues de passage.
Les broches tournent, les caves se vident.
On dîne jusqu’aux yeux, on chante, et au dessert on porte des toasts.