Le vaguemestre.—Vous avez huit jours de salle de police à faire; dimanche prochain, si vous n’êtes pas puni, vous toucherez.
Le soldat Castagnol.—Mais...
Le vaguemestre.—Pas d’observation.
Le soldat Castagnol, sortant furieux.—Je dirai à ma famille de m’envoyer des billets de banque.
Le vaguemestre étant d’ordinaire un adjudant, on l’appelle mon lieutenant.
LE ZOUAVE
Beaucoup ont parlé du zouave, peu le connaissent.
Tout le monde l’a vu paresseusement accroupi aux guichets des Tuileries, comme un sphinx de granit au seuil des palais assyriens. Il montait sa garde. D’un air profondément mélancolique il faisait sa faction, mâchait sa chique avec une fiévreuse impatience, ou bien, tout en fumant sa chiffarde, il guettait avec anxiété quelque rayon de notre soleil parisien, clair de lune de ce soleil d’Afrique qui tombe sur la boule comme du plomb fondu.
Une pièce de calicot blanc ou vert, roulée autour d’un fez rouge, une veste bleue à passe-poils rouges ou jaunes laissant le col entièrement nu, un large pantalon garance taillé à l’orientale, des guêtres blanches montant un peu au-dessus de la cheville, voilà pour le costume.
Faut-il dépeindre l’homme?