—Que ce n’est pas de votre compétence, tâchez plutôt de retenir le boute-selle, une belle sonnerie!

Allons, hussards, vite en selle,
Formez vos joyeux escadrons.
Que chacun embrasse sa belle:
A cheval! nous partons;
A ch’val! nous partons,
A ch’val! nous partons.

—Naturellement, ajouta le brigadier, le nom de l’arme est à volonté, et suivant les régiments on dit: Allons, chasseurs ou: Allons, dragons; et ainsi de suite pour les autres. Mais je ne dois pas vous cacher que je préfère les paroles mises sur ce même air par les régiments qui ont été en Afrique, paroles que voici:

Nous avons fait un’ bel’ razia, j’espère,
A la ferme du grand rocher;
Nous avons pris vingt mille moukères,
Et des Yaoulets et des Yaoulets;
Et des Yaoulets,
Et des Yaoulets.

—Brigadier, demanda Gédéon, est-ce que vous êtes allé en Afrique?

—Non pas par moi individuellement, mais par le brigadier Goblot, mon collègue, que c’est là qu’il a gagné ses galons, à preuve qu’il m’a démontré le maniement de la langue du pays.

—Eh quoi! brigadier, vous parlez arabe?

—Un peu, mon neveu, au 13e, tout le monde parle la langue des Arbicos, même les bleus, au bout de huit jours; il faut ça pour épater le pékin.

—Ce doit être terriblement difficile.

—Aucunement. Au lieu de beaucoup, tu dis bezef; une femme est une moukère, on appelle un bâton une matraque, et voilà...