—Comment, c’est tout?

—Absolument. Avec ces trois mots-là, une escorte, des guides, un chameau et une bonne provision d’eau, tu peux sans danger traverser le désert.

XXI

Enfin Gédéon fut admis à voir de près et même à toucher les chevaux, ces animaux sacrés à l’usage desquels paraît avoir été créée la cavalerie. Stylé préalablement par son brigadier, c’est avec une respectueuse émotion qu’il pénétra dans ce sanctuaire qu’on appelle l’écurie.

Là règnent le luxe et le confort exilés de la chambrée des hommes.

Une merveilleuse propreté, des attentions méticuleuses entourent les précieuses bêtes. Les murs sont soigneusement blanchis à la chaux, chaque semaine on lave scrupuleusement les peintures des stalles en bois de chêne; les mangeoires de pierre ont pris, à force de travail, les tons du marbre; les râteliers sont nettoyés et brossés, enfin le balai a poli les dalles qui recouvrent le sol. Quant à la litière, elle est sèche et brillante et tressée habilement à l’extrémité, c’est-à-dire à un demi-mètre des pieds de derrière du cheval.

—C’est fort bien tenu ici, pensa Gédéon, j’y descendrais volontiers mon lit.

Mais il s’agissait de bien autre chose, vraiment. C’était l’heure du pansage: tous les hommes avaient mis bas leur veste pour cet exercice, un des plus importants de la vie du cavalier.

Gédéon suivit le brigadier chargé de lui enseigner l’art délicat de brosser le poulet-dinde.

Dès la porte de l’écurie: